SITUATION DU TABAGISME EN FRANCE

 

Malgré la loi Evin, l’augmentation du prix des cigarettes, les quelques compagnes de publicité, la prévention du tabagisme est un échec en France. La consommation de cigarettes augmente encore. Sur les six premiers mois de l'année 2000, les ventes de tabac ont augmenté de 0,8%, par rapport à la même période de l'an passé. Les ventes de cigarettes se sont accru de 0,9%. Avec l’augmentation de la consommation de la cigarette chez la femme et le début de plus en plus précoce du tabagisme, nous nous attendons dans les 10 ans qui viennent à une véritable épidémie de maladies respiratoires, de cancers du poumon et du sein, d’affections périnatales, de maladies de l'enfant comme les leucémies, les malformations cardiaques, les retards psychomoteurs, les becs de lièvres et une augmentation des affections cardiovasculaires.

Comment expliquer cet échec? Probablement que la banalisation de l’acte de fumer a atteint un point de non-retour. Mais aussi du fait du laxisme des individus qui ont une autorité au sein des entreprises privés mais surtout publiques. Et qu'en face de la propagande des cigarettiers, on ne trouvait qu'un discours trop longtemps académique. Enfin, la banalisation réussie du tabagisme fait qu'il n'existe plus de contre-pouvoir et ainsi les enfants peuvent débuter le tabagisme très tôt. Un bon nombre deviendra définitivement dépendant. L'OMS considère donc que le tabagisme est devenue une maladie pédiatrique.

Site sur le tabagisme au collège : http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/svt/eleve/prodelev/tabac/tabac.htm

Il faut aussi reconnaître le talent publicitaire des vendeurs de cigarettes qui subtilement ont associé à la cigarette les concepts attrayants du bon vivre, de la facilité et de l’élégance (publicités ou films où l’on voit par exemple une belle voiture, une belle femme et une cigarette allumée; la seule chose en général que l’on puisse "s'offrir" est la cigarette en rêvant aux 2 autres), mais aussi de la liberté, du dynamisme et de l’originalité.

La réalité est tout autre; le tabagisme concerne actuellement les couches défavorisées de la population, celle qui présente des difficultés sociopsychologiques. Ces personnes constituent les victimes faciles de la propagande des vendeurs de cigarettes parce qu’en  effet, ce sont celles qui ont le plus de besoin de rêver.  En effet, voir le tabagisme essentiellement sous son aspect de dépendance chimique ou de ses conséquences médicales, c’est nier la complexité de la nature humaine et notamment nier son univers psychosociologique.

En effet, la fumée de cigarette cache souvent une souffrance morale ou psychique réelle qui n’est jamais avouée.En France, il y a une négation de la réalité psychique. A tel point qu’il est difficile de parler de psychologue à un patient fumeur, sans qu’il rétorque qu’il n’est pas fou ! Le tabagisme traduit souvent d’un manque de communication entre l’individu et lui-même et l’individu et la société. Il a été démontré qu'il y que la majorité des fumeurs présentaient des troubles mentaux à type d'anxiété, de névrose, de dépression et de pyschose (Journal of the American Medical Association (JAMA), novembre 2000).

Au travail, on commence à peine à reconnaître le phénomène du harcèlement moral, reliquat d’une société de « pères fouettards ». Le Bureau International du Travail avait, il y a quelques années, évoqué l’importance de la violence au travail en France. Tout ceci concourt  à un mal-être qui justifie pour certains fumeurs leur tabagisme afin « de tenir le coup ». S’il est important de diminuer la quantité de travail (cf. les 35 heures) il est certainement plus important d’améliorer les rapports humains et d’en finir avec un rapport hiérarchique moyenâgeux. Il faut appréhender le tabagisme en France comme un élément d'un ensemble de comportements toxicomaniaques qui comprennent la consommation de neuroleptiques (tranquillisants et antidépresseurs) et alcooliques qui constituent un problème majeur de la société française.

Quels que soient les mécanismes qui aboutissent au tabagisme actif , doit-on laisser faire de peur d’être catalogué de réactionnaires ? Doit-on laisser se perpétrer ce suicide collectif de 60 000 personnes par an qui s’apparente, à plus d’un plus titre, à un mouvement sectaire alors que celui de quelques dizaines d’individus rapportés par les médias déclenche un tollé immense de la société ? De plus, doit-on accepter que ceux qui n’ont pas été victimes de la propagande tabagique soient victimes du tabagisme passif ? Vouloir « tolérer » le tabagisme c’est véritablement entretenir la banalisation du tabagisme.

Est-ce que les non-fumeurs n’auraient pas le droit de faire respecter leur désir de préserver leur santé  pour satisfaire « la liberté » des fumeurs? Est-ce vraiment un acte de liberté de fumer ? Nous pensons que pour exercer une liberté il faut avoir conscience de ce que l’on fait et qu’il y ait un vrai choix. L’expérience montre que la plupart des fumeurs ignorent que leur liberté de fumer est le fruit d’une savante stratégie de conditionnement de la part des vendeurs de cigarettes. Ils ignorent aussi, par dénie ou par manque d’informations, les réels dégâts du tabagisme. Malheureusement, l’acte de fumer semble constituer, pour une grande partie de fumeurs, « la seule liberté » qu’ils puissent jamais (oser) revendiquer.