Les fumeurs sont d’abord des victimes des propagandistes et de leurs complices. Les fumeurs actuels ne sont pas ceux des années 50 qui ignoraient réellement la toxicité du tabagisme. Ils se recrutent davantage maintenant dans les populations sociologiquement et psychologiquement fragilisées.
Alors que le tabagisme dans la population générale est de l’ordre de 40%, il concerne environ 67 % de jeunes de 16 à 25 ans en insertion professionnelle, plus de 50 % de chômeurs, 59% de ceux touchant le RMI et 61 % des CES. Le tabagisme est particulièrement élevé chez les femmes seules monoparentales et au chômage.
En France une relation entre tabagisme et précarité a été bien établie. Elle commence dès l’âge de 20 ans et se maintient à tous les âges. Le coût financier de la consommation du tabac est important et préjudiciable d’autant qu’il existe souvent une consommation d’alcool associée. Une consommation de psychotropes est retrouvée avec une particulière fréquence chez les femmes fumeuses en situation de précarité. L’accès aux soins est limité dans cette population. C’est un des cercles vicieux du tabagisme parce que la probabilité pour un fumeur en situation de précarité de rentrer dans une démarche de sevrage tabagique est réduite par rapport au reste de la société.
Les fumeurs ont tendance à oublier de demander si l’autre est gêné par la fumée. D’ailleurs, celui qui est gêné par la fumée a souvent peur d’exprimer son inconfort voire son intolérance physique (asthmatique…).
Cette peur est légitimée par l’importance et la fréquence des réactions inciviles et agressives des fumeurs. Cette incivilité peut aboutir à des comportements illégaux pour éliminer ceux qui tentent légitimement de se protéger du tabagisme passif. Le fumeur qui, conditionné par les propagandistes, croit que fumer est le fruit d’une réflexion et d’une décision mûrement réfléchi, réclame haut et fort sa « liberté de fumer » tout en méprisant celle de celui qui ne veut pas être enfumé.
Une majorité d’entre eux n’a pas d’états d’âmes à enfumer l’entourage. Comme les fumeurs minimisent, par définition, les effets toxiques du tabagisme sur eux-mêmes (sinon ils ne fumeraient pas), ils ont du mal à concevoir qu’ils puissent rendre malades ou tuer ceux et celles qu’ils exposent à leurs fumées. Ce qui explique le ravage du tabagisme passif notamment chez les enfants de fumeurs.


