Les enfumés captifs
Depuis des décennies, nous savons que le tabagisme passif tue et provoque de nombreuses maladies dans l’entourage des fumeurs. C’est même inscrit sur le paquet de cigarettes ! Et pourtant en France des milliers d’enfants meurent chaque année, après des années d’exposition au domicile, sans qu’aucune autorité ne réagisse. Des centaines de milliers d’enfants sont gravement malades sans que cela ne soit jamais dénoncé. À part quelques régions au Canada et aux États-Unis où il est interdit d’enfumer les enfants au domicile, il n’y a pas encore de loi qui interdise le tabagisme au domicile en présence d’enfants et d’adultes non-fumeurs dans le reste du monde.
La responsabilité des parents dans l’intoxication chronique des enfants et son influence sur le tabagisme ultérieur de l’enfant survivant doivent être rappelées.
Connaissant la toxicité du tabagisme sur le fœtus, le nourrisson et l’enfant, pourquoi aucune autorité médicale française ne dénonce ou n’alerte l’opinion sur le plus fréquent des sévices à enfants?
La loi interdit toute action ou négligence ayant des conséquences graves sur le développement physique et psychologique. Les définitions habituellement retenues en France de la maltraitance de l’enfant est celle d’un d’enfant victime de violences physiques, de cruauté mentale, d’abus sexuels, de négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique.
Pourquoi les médecins, devant une maladie de l’enfant, n’évoquent-ils, que trop rarement, la responsabilité du tabagisme passif dans la famille ?
Pourquoi lors des journées sur la maltraitance de l’enfant, le tabagisme passif n’est jamais évoqué malgré nos protestations ?
Pourquoi des parents sont incarcérés lorsqu’un enfant subit des dommages dans le cadre du syndrome de l’enfant secoué alors que les milliers de morts d’enfants par tabagisme passif n’aboutissent jamais à la moindre inculpation ?
Pourquoi un enfant enfumé dans une voiture nous laisse indifférents ?
On ose écrire que le tabagisme passif rend malade l’entourage et nous ne cherchons pas à protéger les enfants soumis à ce tabagisme. Ce qui prouve bien que ces messages sanitaires ont été réalisés par le gouvernement pour assurer sa protection juridique.
Tôt ou tard, devant l’absence de protection des enfants enfumés, les autorités auront à répondre un jour de non-assistance à personnes en danger. En France, prétendu pays des Droits de l’Homme (mais apparemment pas de l’enfant) il est donc autorisé implicitement d’enfumer les enfants et de compromettre ainsi leur santé et leur vie. C’est la permanence du droit de vie et de mort des parents sur leur progéniture.


