Non seulement une grande partie de la presse veut ignorer la stratégie des cigarettiers qui prétendent, avec beaucoup de succès, que l’acte de fumer est un acte de liberté, mais elle participe à leur stratégie de désinformation, et ce, particulièrement en minimisant la toxicité du tabagisme passif.
Par exemple, Le Journal Express, d’un côté dénonçait « Les coups fumeux des fabricants de tabac (l’Express du 17/05/2001 par Hélène Constanty ») et d’un autre côté, il publiait une annonce de Philip Morris pour rechercher des promoteurs nuits. Ce qui est interdit par la loi. Mais tant que cela laissera indifférents les parents et les autorités sanitaires.
De même, le journal Le Monde rapportait « la manipulation des cigarettiers » et même l’augmentation de la prévalence du cancer du poumon chez la femme alors qu’il sert de relais à la propagande. Dans ce journal, la loi Evin est méprisée lorsqu’on présente une photographie d’un coureur de F1 qui porte un casque sur lequel apparaît une marque de cigarette (La passion de Luca, mardi 30 octobre 2001). Par ailleurs, ce journal publie des articles sur le non-respect de loi Evin, dénonce la publicité subliminale des cigarettiers, et sur le complot des industriels du tabac qui ciblent dans leur publicité directe et indirecte, les enfants pour vendre et renouveler leurs consommateurs qui décèdent.

D’ailleurs, en novembre 2005, Jean-Marie Colombani (pour le Monde), David Guirau (pour les Échos), Franz Olivier Gisberg (pour le Point) ont été déclarés coupables par le Tribunal de Grande Instance de Paris pour avoir délibérément laissé publier des illustrations engendrant une promotion des deux marques de cigarettes. Le Monde et Les Échos ont été condamnés à 1000 € d’amende, mais également à verser 1000 € de dommages et intérêts à l’association qui a porté plainte ainsi que 1000 € au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale. Ces amendes sont dérisoires par rapport à ce que leur rapporte ce genre de publicité et ne vont pas les arrêter de continuer à mépriser la loi Evin.
Mais les associations de lutte contre la propagande tabagique ont également fait des procès aux magasins « Marlboro Classics ». Ainsi, récemment une boutique nancéienne a été condamnée pour publicité indirecte pour le tabac. La chambre correctionnelle de la cour d’appel de Nancy a condamné à 40 000 euros dont 30 000 de dommages et intérêts Valentino Fashion Group (VFG) qui approvisionne une boutique de vêtements masculins sportswear à Nancy et ce, au profit du CNCT (Comité national contre le tabac). Sommes ridicules par rapport aux gains. Et surtout, ces magasins ne sont toujours pas interdits. Et les procès pour obtenir ces sommes dérisoires prennent plusieurs années pour aboutir.


