Des études médicales viennent de confirmer que les troubles respiratoires du sommeil (comme le syndrome des apnées du sommeil) sont responsables de complications cardiovasculaires et de diabète. Il s’agit donc d’un problème majeur de santé publique.
Le syndrome des apnées du sommeil est une maladie qui se caractérise par l’affaissement partiel ou complet du pharynx au moment du sommeil. Parmi les principaux mécanismes, il y a le ramollissement du pharynx. Le tabagisme, tant actif que passif, qui provoque un vieillissement prématuré et donc un ramollissement de tous les tissus de l’organisme (par destruction des fibres de collagène et d’élastine) constitue ainsi une cause principale. Un des autres mécanismes est le surpoids. Plus un patient a un pharynx ramolli par le tabagisme, moins il a besoin de surpoids pour générer les apnées du sommeil. Et il a été démonté que les enfants de fumeurs étaient plus gros que les enfants de non-fumeurs.
Le syndrome des apnées survient également plus souvent chez les enfants de fumeur. Les mécanismes qui induisent les troubles du sommeil chez l’enfant de fumeur sont maintenant bien connus. Il a été démontré que les fumées entrainent une inflammation des muqueuses nasales. L’obstruction nasale va entrainer un blocage de la croissance du palais qui va rester étroit et ogival. Les dents et la langue vont continuer leur croissance. Ce qui va provoquer des malpositions dentaires. Les dents vont s’orienter vers l’avant et l’enfant pourra avoir des problèmes d’élocution du fait que la langue n’a pas assez de place pour se mobiliser. Ce qui explique que bon nombre de ces enfants vont souvent voir un orthodontiste et/ou un orthophoniste.
Au cours du sommeil, le pharynx va s’affaisser du fait de l’endormissement des muscles dilatateurs du pharynx qui le maintiennent ouvert à l’éveil. Pour tenter de lever l’obstacle lié à l’affaissement du pharynx, le patient va, inconsciemment, faire des efforts croissants pour maintenir sa respiration provoquant ainsi des ronflements et des éveils répétés de quelques secondes. Cette fragmentation du sommeil entrecoupé de microéveils entraîne un sommeil superficiel et non réparateur.
Mais l’élément le plus pathologique est qu’à chaque microéveil est associé un vrai stress cardiovasculaire médié par une augmentation de l’activité adrénergique qui va provoquer une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Ce qui va aboutir au bout de 10 à 20 ans à une hypertension artérielle permanente. De la même manière, ce stress provoque une augmentation d’hormones qui augmente le sucre dans le sang. Ce qui déclenche alors la sécrétion d’insuline. Le pancréas finit par être épuisé au bout 10 à 20 ans aboutissant à un diabète.
Le patient devient de plus en plus somnolent ou fatigué durant la journée. Il a tendance à s’endormir après le déjeuner et devant la télévision. Il est exténué en fin de journée. Il ronfle fort (mais pas toujours notamment chez la femme). Il peut se réveiller en sursautant avec l’impression de s’étrangler ou de suffoquer. Il se lève fréquemment pour uriner. L’entourage peut observer des pauses respiratoires qui entrecoupent les ronflements. Au réveil, il a souvent mal à la tête le matin, une sensation de bouche sèche et/ou une mauvaise haleine. Le patient se réveille constamment fatigué.
Dans la journée, le patient se plaint de somnolences, de palpitations cardiaques, de vertiges, de douleurs diffuses et d’une fatigue chronique. Il est souvent irritable et anxieux, voire dépressif. Il a des problèmes de mémoire et de concentration. Il risque de s’endormir en conduisant. Il a souvent des accidents par inattention. Tout ceci à des répercussions familiales et professionnelles aboutissant parfois au divorce ou au licenciement.
Chez l’enfant de moins de 12 ans, les symptômes des troubles respiratoires du sommeil sont différents. Ils se caractérisent par un syndrome d’hyperactivité et de déficit d’attention. Le patient bouge constamment et présente d’importantes difficultés à se concentrer.
La nuit, l’enfant ronfle ou respire bruyamment. Le sommeil est agité. Il peut présenter de l’énurésie et des cauchemars.
La plupart des fumeurs ou des patients chroniquement enfumés qui présentent un syndrome des apnées du sommeil devront être appareillés à vie à l’aide d’un masque nasal associé à un compresseur (PPC pour pression positive continue). Le compresseur d’air qui permet de délivrer une pression d’air minimale qui maintient le pharynx ouvert.
Dans les études des conséquences économiques du tabagisme, le TROS et ses complications ne sont pas encore pris en compte. Lorsque les autorités sanitaires se réveilleront, on sera subjugué par l’ampleur des dépenses pour notre système de santé du tabagisme actif et passif.
Références
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