Comme plusieurs études l’ont démontré, le tabagisme passif augmente le risque d’allergie et d’asthme pour l’enfant d’une femme fumeuse ou enfumée. Il est choquant que les médecins sachent que le tabagisme constitue la principale cause de maladies respiratoires, et qu’ils oublient régulièrement d’en parler comme facteur causal ou aggravant de l’asthme. L’asthme est une maladie dont l’évolution est très dépendante de la qualité de l’air et, que l’on veut l’ignorer ou non, les polluants les plus toxiques sont les fumées de cigarette.
Les responsables d’études épidémiologiques, lorsqu’ils ont bien voulu intégrer dans les questionnaires, une évaluation du tabagisme actif et passif, ont montré que le tabagisme passif augmentait le risque d’apparition d’asthme chez l’enfant. Ce qui est un scandale permanent est qu’une partie de la communauté scientifique continue à faire des études sur des maladies respiratoires ou sur les cancers sans intégrer le plus important toxique de notre environnement que sont les fumées de cigarette ! Ils concluent que le tabagisme n’intervient pas alors qu’il n’est pas étudié.
Le tabagisme maternel, au travers de l’exposition in utero, est capable d’induire l’apparition de l’asthme. Les mécanismes immunoallergologiques ont d’ailleurs été en partie élucidés. Des études expérimentales ont montré que le tabagisme passif favorisait la pénétration des allergènes en grande quantité conduisant à l’apparition d’allergies qui pourront se manifester sous forme de rhinite et l’asthme. Le tabagisme passif peut agir soit indirectement en favorisant les infections virales et bactériennes soit directement par destruction des défenses des bronches (cellules ciliées).
Une fois la maladie apparue, le tabagisme actif ou passif au domicile ou au travail, constitue un des facteurs majeurs d’aggravation de la maladie asthmatique. Scandaleusement dans de nombreux articles de journaux ou pire dans des conférences retransmises par les médias, la liste des facteurs de risque n’indique pas le tabagisme. Oubli ou expression de la banalisation ? C’est une réalité indéniable et quotidienne; la majorité des enfants qui consultent pour asthme grave instable ont des parents fumeurs.
Etre asthmatique est déjà une complication du tabagisme passif. L’exposition au tabagisme passif multiplie la fréquence de l’asthme par un facteur de 2. Elle augmente également l’intensité et la fréquence des crises (excès de crises d’asthme chez les enfants: +14% quand le père fume, +28% quand la mère fume, et + 52% quand les deux parents fument). En d’autres termes, l’asthme est plus fréquent, mais aussi plus grave en cas de persistance du tabagisme passif. Les personnes atteintes de bronchite chronique et d’hyperactivité bronchique (soit près de 10% de la population) sont également gênées par la fumée de tabac, qui aggrave leur pathologie existante. D’ailleurs, la première cause de mortalité par asthme est le tabagisme.
L’asthmatique constitue la sentinelle de la pollution ambiante. En dehors de la toxicité “différée” du tabagisme (pathologie cancéreuse, respiratoire et cardiovasculaire), le tabagisme passif réalise une toxicité immédiate chez l’asthmatique. L’asthmatique qui est souvent allergique présente une inflammation permanente de toutes les muqueuses en particulier celles des bronches, mais aussi des voies nasales et des sinus. L’existence de cette inflammation chronique le rend sensible à la qualité de l’air ambiant en général et à la toxicité des fumées en particulier. C’est pourquoi les asthmatiques savent avant tout le monde que la concentration d’ozone ou d’autres polluants dans les villes sont élevés. Ils toussent ; la gorge et les yeux sont irrités et la respiration est plus difficile.
Même de petites quantités de fumée de tabac entraînent une irritation de ses muqueuses qui est responsable de rhinite, de sinusite, de maux de tête, déclenchant ou aggravant les symptômes d’asthme.
Ces manifestations aiguës sont également observées chez une catégorie de patients allergiques hypersensibles aux substances chimiques. C’est ce que les Anglo-saxons appellent Chemical Hypersensitivity Syndrome (CHS). Ce sont ceux qui souffrent de la présence des centaines d’additifs de la cigarette comme les formaldéhydes, l’ammoniaque et l’acide cyanhydrique. Lorsque ses symptômes ont débuté, ils ne s’arrêtent pas immédiatement lorsque les fumeurs daignent éteindre leur cigarette ou lorsque l’asthmatique réussit à s’éloigner. La présence de la fumée dans une pièce où l’asthmatique entre suffit à altérer toute sa journée. Ce syndrome d’hypersensibilité n’est pas connu ou reconnu en France. Beaucoup de patients sont pris pour des simulateurs ou des malades mentaux. Ils sont obligés de réduire leur vie sociale au strict minimum. Ils vont passer leur temps à éviter toutes situations pouvant les mettre en danger d’inhaler la moindre substance allergisante qui puisse aggraver la maladie asthmatique notamment les lieux enfumés. La vie quotidienne d’un asthmatique, d’un allergique ou n’importe quelle personne sensible à la fumée de tabac, est rapidement un enfer en France. Parce qu’il est impossible de passer une journée banale sans être enfumé. Il y a toujours quelqu’un qui va vous enfumer à un moment ou un autre. Cela commence le matin avec votre voisin qui fume sur le palier en parlant avec le concierge. Puis dans la rue, vous allez rencontrer des dizaines de personnes qui fument. S’il n’y a pas de vent, cette fumée va vraiment être incommodante. Puis en arrivant sur votre lieu de travail, vous allez croiser des employés qui fument dans le couloir. Vos collègues fument dans le bureau voisin, mais la fumée s’échappe par dessus ou par dessous et envahit votre espace. De plus, la climatisation est à circuit fermé et les fumées sont recyclées jusque dans votre bureau. L’obturation de fortune que vous tentez de faire ne donne pas grand-chose pour arrêter l’arrivée de la fumée. Vous ne pouvez aller dans la salle repos qui est un véritable fumoir. À la fin de la journée, vous rentrez à la maison. Vous faites la queue pour acheter un billet de transport. Et bien évidemment, des gens fument dans la queue. Le soir vous renoncez aller au théâtre parce que vous savez qu’à l’entracte les gens vont fumer dans les recoins ou à la sortie. Dès que portes sont ouvertes, le théâtre se remplit de fumée. Ils vous regarderont méchamment parce que vous toussez au cours de la seconde partie! À la fin de la journée, vous devez augmenter votre traitement anti-inflammatoire et broncho dilatateur du fait de l’aggravation de votre maladie.
Asthme
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