Les preuves cumulées sur des décennies ont démontré clairement que le tabagisme des parents est responsable d’un nombre accru de cas de maladies respiratoires de la naissance jusqu’à l’âge de trois ans. Il existe une large gamme de troubles aigus et chroniques qui va des irritations respiratoires comme la toux, la respiration sifflante, la production excessive de sécrétions bronchiques, des maladies aiguës des voies respiratoires inférieures comme la pneumonie, la bronchite, la bronchiolite, une réduction de la fonction pulmonaire, des cas plus nombreux d’asthme, d’allergies et l’aggravation de maladies asthmatiques existantes, des infections aiguës des voies respiratoires supérieures comme les rhinites et les sinusites, mais aussi des infections de l’oreille moyenne (otites).
Aux États-Unis, on estime que de 150 000 à 300 000 cas de bronchites et de pneumonies chez les nourrissons et les jeunes enfants sont attribuables à l’exposition au tabagisme passif. De plus, les chercheurs américains estiment que le tabagisme passif aggrave l’asthme de 200 000 à 1 000 000 d’enfants asthmatiques.
Les bébés de mères fumeuses sont plus exposés à la mort subite du nourrisson (MSN). En France, il y a environ 600 cas de mort subite du nourrisson qui ne sont pas encore pris en compte dans la mortalité liée au tabagisme passif ! Alors que la majorité des cas survient dans la famille de fumeurs. Fumer pendant la grossesse multiplie par trois le danger de MSN. Le nombre de bébés victimes de la MSN liée au tabagisme passif est plus du triple de celui des bébés victimes de mauvais traitements ou de meurtres. Et pourtant, à la télévision française, on parle uniquement des effets de la position de l’enfant dans sa survenue, jamais du rôle du tabagisme passif.
La mort subite du nourrisson (MSN) est, dans les pays développés, la plus fréquente cause de mortalité de l’enfant entre l’âge de 1 mois et 1 an. C’est la mort « inattendue » et brutale d’un nourrisson. Le maximum de fréquence s’observant entre 2 et 4 mois. Risque un peu majoré chez des nourrissons de mère jeune (< 20 ans), droguée ou vivant dans un milieu socio-économique défavorisé. Le tabagisme maternel ou paternel durant la grossesse est considéré comme un facteur favorisant important dans 60 % des cas. Il avait démontré que le fait que l’enfant dorme dans la chambre des parents était un facteur de risque sans comprendre pourquoi. On vient de réaliser que le risque était augmenté si l’un des parents était fumeur!! La posture ventrale de sommeil (>90% des nourrissons retrouvés morts dans leur berceau sont découverts sur le ventre) est également favorisant mais surtout si les parents sont fumeurs. En effet lorsque les voies aériennes supérieures ont été “enflammées” (ce qui diminue la lumière pharyngée) par la fumée de tabac, la position ventrale est la plus problématique, mais ce n’est moins un facteur causal qu’un cofacteur du tabagisme passif! Lorsque les voies aériennes sont obstruées, la position ventrale aggrave mécaniquement et fonctionnellement cette obstruction pharyngée. Ultérieurement, ceux qui survivent à cette inflammation chronique des voies aériennes supérieures et à la mort subite du nourrisson présentent une dysfonction pharyngée permanente qui pourra s’exprimer sous forme de syndrome d’apnées du sommeil de l’enfance à l’âge adulte.
Il existe une recrudescence indiscutable de MSN durant les saisons froides. Parce que l’infection ORL favorisée par le tabagisme passif va augmenter l’obstruction des voies aériennes, mais aussi parce lorsqu’il fait froid, on ferme les fenêtres augmentant ainsi la concentration des fumées à l’intérieur. Enfin, des médecins australiens ont rapporté que la mort de l’enfant survenait à l’occasion d’une fête dans la maison où tout le monde avait bien enfumé l’endroit.
A l’autopsie, les bébés de mères fumeuses, victimes de la mort subite des nourrissons, ont des voies respiratoires rétrécies. A titre comparatif, ils ont également autopsié des bébés décédés subitement, mais dont les mères ne fumaient pas. Ils ont alors constaté que leurs voies respiratoires étaient nettement moins rétrécies. Les voies aériennes se rétrécissent en ce sens que leurs parois internes gonflent. C’est la première fois que l’on démontre anatomiquement l’action inflammatoire de la fumée de tabac inhalée passivement; phénomène soupçonné depuis longtemps. Il a été démontré que les poumons des enfants décédés par MSN présentaient significativement plus de dérivés de la nicotine que le groupe de contrôles (McMartin K et al). Le tabagisme passif de la mère favorise d’autant la mort subite que l’enfant de fumeur est fragile et anormal. On a établi un lien entre l’exposition au tabagisme passif et un poids insuffisant à la naissance qui est associé à un risque accru de maladies respiratoires. Des preuves récentes suggèrent que l’exposition du fœtus à la fumée de tabac réduit la fonction pulmonaire pendant la petite enfance. Les enfants dont les mères fument sont plus souvent admis à l’hôpital. Ils ont plus de risques de devenir fumeurs eux-mêmes.
La diffusion de ces informations a été retardée du fait de l’action de scientifiques payés par Philip Morris pour générer le doute sur les études publiées. Ce qui a retardé et retarde toujours la prise d’actions de santé publique pour diminuer la mortalité par MSN.
Références sur la Mort subite du nourrisson
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