L'Académie Nationale de Médecine et l'Alliance pour la Santé - Coalition contre le Tabagisme lancent un cri d'alarme : la consommation de tabac ne baisse plus depuis 3 ans !
Paris, le 8 février 2001 L'Académie Nationale de Médecine et l'Alliance pour la Santé - Coalition contre le Tabagisme, en présence de M. Bernard Kouchner Ministre de la Santé et de MM Jacques BARROT, Claude EVIN, Hervé GAYMARD anciens ministres de la santé, de Robert BADINTER, président du Conseil Constitutionnel lors du vote de la loi Evin, et avec le soutien de Christian PONCELET, président du Sénat, lancent un cri d'alarme devant le recul de la lutte contre le tabagisme.
Le rythme annuel de ralentissement de la consommation, qui était de près de 3% chaque année de 1992 à 1997, est tombé à 0,5% ces 3 dernières années. Alors que le principe de précaution s'érige en dogme, les responsables de la santé laissent les jeunes, les femmes et les plus défavorisés sous la menace de ce péril mortel. Actuellement un jeune de 18 à 24 ans sur 2 et une femme enceinte sur 4 fument.
La mortalité par cancer du poumon chez la femme a progressé de 16% pour la période 1993 - 1997, et à ce rythme dépassera rapidement celle par cancer du sein. La progression de l'espérance de vie chez la femme est d'ores et déjà arrêtée du fait de l'émergence des effets sur la santé du tabagisme. L'aide aux 10 millions de fumeurs désireux d'arrêter, que l'Etat soutient activement depuis 2 ans, doit être amplifiée par un effort de formation accélérée de toute la chaîne des professionnels de santé, et par la mise à la disposition des fumeurs des moyens dont l'efficacité est scientifiquement validée. L'État, qui perçoit chaque année plus de 60 milliards de taxes sur le tabac, doit accorder une ligne budgétaire distincte de celle prévue pour les campagnes CNAMTS-CFES, d'au moins 100 millions de francs annuels, afin de permettre aux acteurs de la lutte contre le tabagisme, dont les moyens actuels sont insuffisants, de s'opposer aux agissements sans scrupules d'une industrie internationale puissamment organisée. Il faut veiller au bon fonctionnement des organismes européens chargés de lutter contre le tabagisme.
La hausse du prix de vente au détail de tous les produits du tabac -cigarettes, cigares, cigarillos, tabac à rouler- qui avait joué un rôle important dans la baisse de la consommation, doit reprendre le rythme d'une augmentation des taxes d'au moins 10 % par an ; celles-ci doivent être rapportées au poids de tabac. Enfin, le droit des non-fumeurs à respirer un air sans fumée doit s'imposer, tout particulièrement dans les établissements scolaires, au travail, dans les établissements de soins. Les candidats aux municipales doivent s'engager pour que l'école, les hôpitaux, les administrations et les transports publics qui relèvent de leur responsabilité soient des espaces non-fumeurs, qu'une éducation à la santé soit donnée à tous les élèves dès le début de l'école primaire et que la ville devienne un lieu de promotion de la santé. Il est indispensable de bâtir une politique énergique, globale et continue contre la première cause de mortalité prématurée évitable, afin d'enrayer la progression de la plus meurtrière des épidémies de notre époque.
Contact : Pr. Albert HIRSCH, secrétaire général de l'Alliance pour la Santé-Coalition contre le Tabagisme, Tél. : 01 42 49 96 18, Fax : 01 42 49 93 95, mail : albert.hirsch@sls.ap-hop-paris.fr Pour en savoir plus : - le programme de la conférence ; - le dossier de presse ; - le communiqué de presse du Secrétariat à la Santé pour les 10 ans de la loi Evin (12 janvier 2001).