AFA

La Revue de Presse...
Articles récents ...et plus anciens !

Lettre de l'afa n°4 - Février 1995


*

Maladie de Crohn : l'arrêt de la consommation du tabac s’impose-t-elle? Réponse : oui !

Parmi les facteurs environnementaux, le tabac a les effets les mieux établis et curieusement opposés sur le risque de maladie de Crohn (MC) et de recto-colite hémorragique (RCH). La métaanalyse des principales études cas-témoins a révélé que le tabagisme actif augmente le risque d’apparition de MC surtout chez les femmes alors qu’il diminue celui de la RCH qui est au contraire maximum chez les ex-gros fumeurs. Le tabagisme passif pendant l’enfance serait également susceptible de diminuer le risque de RCH et d’augmenter celui de MC.

Le tabac influence également l’histoire naturelle de la MC. C’est ce que vient de confirmer de manière indiscutable un travail italien. Les auteurs ont étudié dans une étude rétrospective, portant sur 182 patients suivis en moyenne 98 mois, l’influence du tabac sur les risques de rechute endoscopique, clinique et de réintervention après chirurgie. Chez les fumeurs les risques de récidive et de réintervention étaient corrélés à l’importance et à l’ancienneté de la consommation tabagique.
Cette étude confirme ainsi l’effet délétère du tabac sur l’évolution de la MC, déjà mise en évidence dans d’autres travaux : l’étude d’une cohorte de 178 malades opérés pour la MC avait révélé que le risque de réintervention était doublé chez les femmes qui fumaient par rapport à celles ne fumant pas (70% contre 35% à 10 ans) ; Lindbergh avait également montré que, chez des patients fumant plus de 10 cigarettes/j, le risque de fistules et d’abcès était plus élevé, ainsi que le risque relatif d’intervention dans l’année suivant le diagnostic.

Le mécanisme d’action du tabac reste hypothétique : la nicotine et/ou d'autres composants du tabac pourraient agir sur la quantité et la qualitè du mucus intestinal, la perméabilité et la vascularisation intestinale ou la réponse immunitaire muqueuse, tous facteurs mis en cause dans la physiopathologie des MICI. Quel que soit ce mécanisme et même si l’on ne dispose encore d’aucune étude interventionnelle montrant le bénéfice du sevrage, ces données sont suffisantes pour recommander l'arrêt du tabac chez les patients atteints de MC.

JFC Jean-Frédéric Colombel


(à suivre)
* sur tout le site.

Retour à la Page de Garde
Vos questions ou commentaires sont les bienvenus.
Dernière mise à jour : 27/06/1998

© Association François Aupetit, 1998