TABAGISME PASSIF ET CANCER DU SEIN
Le tabagisme a été tellement banalisé que même dans les études sur le cancer du sein, les femmes n'étaient pas interrogées sur le tabagisme passif voire même sur le tabagisme. Ce n'est que récemment que les études ont portées sur le tabagisme passif.
Les études sont claires : l'exposition au tabagisme (actif et passif) augmente considérablement le risque de cancer du sein.
Deux récentes études épidémiologiques désignent le tabagisme actif et passif comme un facteur de risque très important du cancer du sein. La première étude a été conduite en 1994 par le Dr Alfredo Moravia et son équipe de l'Hôpital Cantonal Universitaire de Genève. Ses résultats ont été publiés dans l'American Journal of Epidemiology en 1996. Les conclusions de cette recherche sont sans équivoque : une femme qui fume ou qui a fumé un paquet par jour augmente son risque de cancer du sein de 4.6 fois par rapport à une femme qui n'a jamais fumé. Une fumeuse passive quant à elle augmente son risque de développer un cancer du sein de 3.2 fois. L'étude montre que d'être exposé au tabagisme passif deux heures chaque jour pendant 25 ans équivaut à fumer un paquet de 20 cigarettes par jour pendant 20 ans.
La deuxième étude est canadienne, et confirme les conclusions de la première. La principale conclusion de cette étude est que « l'exposition à long terme à la fumée de tabac secondaire augmente de plus de 100 p. cent le risque de cancer du sein à la préménopause et de 30 p. cent à la postménopause. Chez les femmes qui fument à l'heure actuelle, le risque de cancer du sein est 90 p. cent plus élevé à la préménopause et 60 p. cent plus élevé à la postménopause. ». L'étude révèle que l'exposition régulière et prolongée à la fumée du tabac, sous sa forme active ou passive, ferait plus que doubler le risque de cancer du sein chez les femmes en préménopause, en comparaison des femmes n'ayant jamais fumé et n'ayant jamais été exposées à la fumée secondaire
Connaissant la mortalité liée au cancer du sein, ou du handicap physique et psychoaffectif de la perte d'un sein, est-ce que cela vaut le coup de prendre un tel risque en acceptant de travailler dans un endroit enfumé par des collègues de travail, par l'employeur ou par des clients (restaurants, cafés..) ou par un mari ou d'accepter que des "amis" vous enfument pendant un repas où d'être constamment enfumé dans une journée (métro, train, restaurant, théatre, soirée...? De quel statut "d'esclavage" peut-on justifier un'une meployée accepte de risquer sa vie lors d'une acitvité professionnelle? Comment peut-on accepter de souffrir d'une maladie grave voire mortelle par respect de la "liberté" des fumeurs? Pourquoi dans une démocratie, autorise-t-on de risquer la vie d'autrui?

